Au-delà de la vision20/20 | Pourquoi les opticiens devraient offrir des services en basse vision
mardi, février 10 2026 | 08 h 25 min | Magazine Optik, Optik Magazine, Science de la vision, Vision Science
Par Krista Woods, RO
La basse vision est bien plus qu’une simple définition clinique. C’est la perte d’autonomie, la difficulté à accomplir les tâches quotidiennes et la crainte de perdre ses repères visuels.
L’Organisation mondiale de la santé définit la basse vision comme une acuité visuelle comprise entre 20/70 et 20/400 avec la meilleure correction possible, ou un champ visuel de 20 degrés ou moins.
La Mayo Clinic précise : « La basse vision signifie avoir une vision déficiente qui ne peut être corrigée par des lunettes, une chirurgie ou des médicaments.
Nous connaissons ces définitions. Mais qu’est-ce que cela représente réellement dans la vie de nos clients ?
Le parcours de Betty : quand « il n’y a plus rien à faire »
Imaginez une cliente nommée Betty. Elle vient de quitter le bureau de son ophtalmologiste. Sa vision est faible, elle sait qu’elle va encore se détériorer et on lui a dit qu’aucune solution supplémentaire n’était possible. De retour à la maison, sa fille est frustrée. Betty peut repérer un objet sur le sol à trois mètres de distance, mais dit ne pas voir sa fille même en la regardant directement. Ses nouvelles lunettes, fournies par son opticien, n’ont pas amélioré sa vision comme elle l’espérait.
Après avoir perdu son permis de conduire et entendu son médecin lui dire qu’il n’y avait plus rien à faire, Betty se sent isolée, fâchée et désemparée. Des services de soutien existent, mais ils sont souvent difficiles à trouver. Les recherches en ligne peuvent être décourageantes et peu fiables. En dehors des grands centres, les services en personne sont rares. Pour de nombreux clients, un rendez vous d’une heure se transforme en une journée entière : organiser le transport, parcourir de longues distances, subir la fatigue physique et assumer des coûts supplémentaires.
Les opticiens peuvent changer la donne
Les opticiens occupent une position unique pour faire la différence. Ils peuvent aider leurs clients à comprendre leur perte de vision, leur présenter des outils qui optimisent ce qu’il leur reste de vision et leur redonner un sentiment d’autonomie et de sécurité. En offrant des soins en basse vision, l’opticien devient plus qu’un fournisseur : il devient un allié essentiel.
Quatre clés pour développer un service en basse vision
1: Continuez à vous perfectionner. Approfondissez vos connaissances sur les maladies oculaires comme le glaucome, la dégénérescence maculaire liée à l’âge, la rétinopathie diabétique et la cataracte. Cela vous permettra de proposer les aides visuelles les plus adaptées et d’expliquer ces conditions de façon claire et empathique. Des formations sont offertes par Eschenbach Academy, le Collège Georgian, le Collège Seneca et La Cité. Pour les patients qui souhaitent apprendre de façon autonome et trouver du soutien, le site Hadley.org propose gratuitement des ressources en ligne conçues pour les personnes vivant avec une perte de vision.

2: Aménagez votre espace pour la basse vision. Les clients pouvoir manipuler et tester les aides visuelles afin de découvrir ce qui leur convient vraiment. Une démonstration adéquate de leur utilisation est essentielle à leur succès. Parmi les principaux fournisseurs, citons Optelec, Eschenbach et Humanware.
3: Faites connaître vos services dans la communauté. Les ophtalmologistes sont des partenaires de référence précieux, mais vous devez être prêts et professionnels. Engagez la conversation avec les clients qui présentent déjà des signes de perte de vision. Collaborez avec les clubs de l’âge d’or, les clubs Lions et Probus, les résidences pour aînés et les foires communautaires. Ces milieux représentent autant d’occasions de rejoindre les personnes qui ont le plus besoin de vous.
4: Valorisez votre temps. Une consultation en basse vision prend souvent de 60 à 90 minutes. Profitez des moments plus calmes à votre bureau d’optique pour consacrer du temps à un seul client plutôt qu’à des tâches de routine. En déléguant certaines activités comme le nettoyage, vous libérez du temps pour offrir des soins de qualité, une approche qui peut générer à la fois des revenus et une confiance durable.

Le temps, un allié précieux en basse vision
Dans le monde effréné de l’optique d’aujourd’hui, le succès se mesure souvent en revenus, en rapidité et en volume de service. Pourtant, prendre le temps d’offrir des soins en basse vision change tout. En ralentissant le rythme et en consacrant votre énergie à accompagner ces clients, vous découvrirez que les récompenses financières, professionnelles et humaines dépassent largement les efforts investis.
À propos de l’auteur :

Krista Woods, RO
Krista Woods, RO, a obtenu son diplôme avec mention du Collège Georgian et est opticienne autorisée depuis 1995. Elle a été examinatrice pour le NACOR de 2017 à 2024 et demeure membre active de l’Association des opticiens du Canada, de l’Association des opticiens de l’Ontario, de la Worshipful Company of Spectacle Makers et de l’International Opticians Association. En 2023, ses initiatives en basse vision ont été mises en valeur dans la présentation de Helen Whittaker au SILMO Singapour. Depuis 2017, Krista se spécialise en soins de basse vision, d’abord à travers sa propre entreprise, Krista Valerie Woods, puis, depuis 2022, au sein de A Vision Above. En 2024, elle a commencé à enseigner la vision binoculaire et la basse vision au Collège Seneca.
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