Faire place à la patience: Gérer l’enfant en surcharge émotionnelle lors de prétests
vendredi, août 28 2026 | 08 h 36 min | Gestion d'affaires, Magazine Optik
Par Jade Bodzasy
Lorsqu’un enfant se présente aux prétests déjà en état d’hypervigilance — en pleine crise, figé en silence ou visiblement anxieux — la priorité n’est plus seulement de recueillir des données cliniques, mais de l’aider d’abord à retrouver son calme. Tenter de forcer une mesure à ce moment là risque non seulement d’accentuer son stress, mais aussi de produire des résultats inexacts.
Voici comment appliquer l’intelligence émotionnelle pour désamorcer la situation et préserver le rendez-vous.
1: Le retour à la neutralité
Lorsqu’un enfant est très agité, l’environnement devient souvent bruyant et tendu. Comme professionnel, votre premier geste consiste à rétablir une forme de neutralité : une présence calme, posée et rassurante qui aide à faire redescendre la tension.
- Baisser le volume : Parlez d’une voix à peine plus forte qu’un murmure. Cela oblige l’enfant à se calmer pour vous entendre et brise le cycle où l’on tente de parler plus fort que le bruit.
- Réduire l’auditoire : Si la salle de prétest est bondée ou visible depuis la salle d’attente, fermez la porte ou déplacez-vous dans un coin plus calme. Réduire les stimuli sensoriels est l’un des moyens les plus rapides de diminuer le niveau de stress
2: Nommer l’émotion : montrer à l’enfant qu’il est compris
Faire preuve d’une grande intelligence émotionnelle ne signifie pas « régler » l’émotion, mais plutôt la reconnaître. Les enfants s’agitent souvent davantage lorsqu’ils se sentent incompris ou privés de contrôle.
- Reconnaître l’émotion : Plutôt que de dire « N’aie pas peur », essayez plutôt : « On dirait que tu te sens vraiment dépassé en ce moment. Il y a beaucoup de grosses machines dans cette pièce, et ça peut être impressionnant pour n’importe qui. Qu’est-ce qu’on pourrait faire pour aider ton corps à se calmer ? »
- Donner la permission : Dites-lui qu’il est normal d’être nerveux. En retirant la pression d’avoir à « être courageux », on réduit souvent la résistance.
3: Redonner un sentiment de contrôle : offrir un signal de pause
L’anxiété apparaît souvent lorsque l’enfant a l’impression de ne plus avoir de contrôle. Pour obtenir les données dont vous avez besoin, il faut d’abord l’aider à retrouver un certain sentiment de maîtrise.
- Le signal d’arrêt : Proposez-lui un signal physique, comme lever la main, qui signifie que vous interromprez le test immédiatement. Lorsqu’il sait qu’il a une « porte de sortie », il est beaucoup plus susceptible de rester assis sur la chaise.
- Laisser choisir l’ordre des étapes : Demandez-lui : « Veux-tu commencer par la machine avec le ballon — l’autoréfractomètre — ou préfères-tu qu’on prenne d’abord une photo de ton œil ? » L’ordre importe peu pour vos données, mais il compte énormément pour son sentiment d’autonomie.

4: Faire appel aux collaborateurs
Dans ces moments, le parent devient votre plus important collaborateur.
- Réguler indirectement le parent : Si le parent est frustré ou embarrassé par le comportement de l’enfant, celui-ci risque de s’agiter encore davantage. Dites calmement à l’enfant, de façon à ce que le parent entende aussi : « Ce n’est pas grave, beaucoup d’enfants se sentent comme ça avec toutes ces machines autour d’eux. On va simplement te donner une minute pour aider ton corps à se calmer. Peut-être que ton parent pourrait te montrer comment fonctionne l’appui-menton ? »
- Favoriser l’ancrage physique : Si l’enfant est jeune, invitez-le à s’asseoir sur les genoux de son parent pendant les prétests. La proximité physique avec sa « personne de confiance » peut suffire à l’apaiser pour permettre une mesure fiable.
5: La stratégie du pivot
Parfois, le geste le plus intelligent sur le plan émotionnel consiste à savoir quand s’arrêter. Si, après cinq minutes de désescalade, l’enfant demeure en état de stress aigu, insister ne fera que créer une association négative, voire traumatisante, avec les soins de la vue.
- Reporter au bon moment : Faites pivoter la conversation. « Je vois que c’est beaucoup pour toi aujourd’hui. Et si on essayait une petite chose, puis qu’on gardait le reste pour une autre visite, quand tu te sentiras davantage comme un scientifique ? »
- Terminer sur une réussite : Concluez toujours sur une note positive, même s’il s’agit simplement du fait que l’enfant a réussi à s’asseoir dans la chaise pendant cinq secondes. Donnez quand même l’autocollant. Vous investissez dans sa relation future avec les soins de la vue.
À retenir pour l’équipe
Lorsqu’un enfant est très agité ou anxieux, votre rôle passe de technicien à régulateur. En accordant d’abord la priorité à sa sécurité émotionnelle, vous ne « perdez pas du temps » : vous vous assurez que, lorsque vous obtiendrez finalement la mesure, elle sera exacte, et que le patient sera prêt à revenir l’an prochain.
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À propos de l’auteure :

Jade Bodzasy
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Bonjour! Je m’appelle Jade Bodzasy et je suis facilitatrice en intelligence émotionnelle, basée à Kingston (Ontario). J’adore collaborer avec des propriétaires d’entreprise qui veulent créer des milieux de travail où les gens peuvent :
•Retrouver du plaisir au travail, avec moins de stress, moins de tensions et moins de malentendus.
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