La planification de la relève, une question d’intelligence émotionnelle
vendredi, octobre 30 2026 | 08 h 34 min | Gestion d'affaires, Magazine Optik
Par Jade Bodzasy
La planification de la relève est souvent abordée sous l’angle des contrats, de l’évaluation financière et des échéanciers — autrement dit, des chiffres et des considérations juridiques. Or, une simple liste de points à cocher ne suffit pas à expliquer pourquoi certaines transitions se déroulent sans heurts, alors que d’autres déstabilisent l’équipe, inquiètent les patients et donnent au propriétaire sortant l’impression de ne plus reconnaître la clinique qu’il a bâtie. La différence n’est généralement pas d’ordre juridique. Elle est émotionnelle.
Une relève ne se règle pas en une seule étape. C’est une conversation qui se poursuit, se précise et se répète sur plusieurs mois, parfois même sur plusieurs années. La façon dont cette conversation est menée en dit souvent plus sur l’avenir de la clinique que n’importe quel chiffrier.
Personnel : la transparence d’abord
Le personnel perçoit les changements bien avant qu’ils soient officiellement annoncés. Une nouvelle personne présente en clinique, des rencontres à huis clos, un changement de ton à la réception : ces détails ne passent pas inaperçus. En l’absence d’explications, l’inquiétude s’installe et les suppositions prennent parfois plus de place que la réalité.
Une relève menée avec intelligence émotionnelle consiste à devancer les rumeurs. Concrètement, cela signifie :
- Privilégier l’honnêteté plutôt que l’image parfaite — communiquer l’échéancier et le processus au fur et à mesure qu’ils se précisent, plutôt que d’attendre une annonce entièrement ficelée.
- Inclure, et pas seulement informer — traiter les membres du personnel comme des personnes directement concernées par l’avenir de la clinique, et non comme une équipe à qui l’on annonce une décision après coup.
- Reconnaître l’apport de chacun — un technicien ou une réceptionniste qui a contribué à façonner la culture de la clinique mérite de se sentir partie prenante du prochain chapitre, même si son rôle exact n’est pas encore défini.
- Offrir de la clarté plutôt que de simples paroles rassurantes — reconnaître l’anxiété avant qu’elle ne mène à des départs, et y répondre directement plutôt que de tenter seulement de calmer les inquiétudes.
Patients : la continuité comme promesse
Pour de nombreux patients, surtout ceux qui fréquentent la clinique depuis longtemps, leur optométriste n’est pas interchangeable. La confiance s’est construite au fil des examens, des prescriptions et des petites conversations qui, avec le temps, finissent par tisser une véritable relation. Lorsqu’une transition survient, les patients n’évaluent pas seulement les compétences du nouveau professionnel : ils cherchent à savoir s’ils seront encore bien pris en charge.
Le moment choisi et la façon de présenter la transition sont déterminants. Les patients devraient être informés directement et assez tôt pour ne pas avoir l’impression d’être placés devant le fait accompli. L’appui que le professionnel sortant exprime envers la personne qui prend la relève — en personne, et non seulement dans une communication écrite — contribue davantage à préserver la confiance que n’importe quelle initiative marketing. Au fond, le message est simple : vous êtes toujours entre de bonnes mains.
Famille : distinguer la clinique de la personne
Lorsqu’une relève se prépare dans un contexte familial, la conversation devient encore plus délicate, parce qu’il ne s’agit pas seulement d’affaires. Il est aussi question d’identité, d’attentes et parfois de non dits familiaux. Le propriétaire sortant peut avoir de la difficulté à lâcher prise, même avec les meilleures intentions. De son côté, le membre de la famille qui prend la relève peut ressentir le besoin de faire ses preuves, plutôt que de diriger à sa façon.

Dans ce contexte, l’intelligence émotionnelle consiste à nommer l’inconfort plutôt qu’à le laisser s’installer derrière une politesse de façade. À quoi ressemblera la retraite au quotidien ? Le propriétaire sortant est-il prêt à cesser de prendre les décisions, ou a-t-il besoin d’un rôle transitoire qui respecte son attachement à la clinique tout en laissant à la prochaine génération l’espace nécessaire pour diriger ? Un avocat ne peut pas répondre à ces questions. Elles exigent la même conscience de soi que les optométristes mettent chaque jour au service de leurs patients, mais tournée cette fois vers eux-mêmes et vers les personnes qui leur sont les plus proches.
Le vrai défi : gérer l’incertitude
Toute planification de relève, même bien structurée, comporte une période où rien ne semble entièrement réglé :
- Le personnel s’interroge sur son avenir.
- Les patients se demandent si leurs soins vont changer.
- Les membres de la famille doivent composer avec des rôles et des attentes qui évoluent.
Les cliniques qui traversent cette période avec stabilité ne sont pas nécessairement celles dont les contrats sont les plus solides. Ce sont celles où les personnes concernées se sont senties informées, respectées et écoutées. C’est là le véritable travail de la planification de la relève : non pas éliminer l’incertitude, mais la gérer avec suffisamment de transparence et d’empathie pour que personne ne soit laissé dans le doute. Les documents juridiques encadrent la transaction. La conversation sur la relève protège tout le reste : la culture, la confiance et les relations qui ont fait de la clinique une entreprise digne d’être poursuivie.
Vous réfléchissez à votre propre plan de relève ? Plus la conversation commence tôt, plus vous aurez de marge de manœuvre pour bien faire les choses : pour votre personnel, vos patients et vous-même. Communiquez avec nous pour découvrir comment un plan de transition réfléchi peut protéger la clinique que vous avez bâtie.
À propos de l’auteure :

Jade Bodzasy
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Bonjour! Je m’appelle Jade Bodzasy et je suis facilitatrice en intelligence émotionnelle, basée à Kingston (Ontario). J’adore collaborer avec des propriétaires d’entreprise qui veulent créer des milieux de travail où les gens peuvent :
•Retrouver du plaisir au travail, avec moins de stress, moins de tensions et moins de malentendus.
•Devenir des leaders émotionnellement intelligents, capables d’inspirer, d’engager et de faire ressortir le meilleur chez les autres.
•Réussir ensemble, en gardant leurs talents, en bâtissant des relations plus solides avec leurs clients et en favorisant une culture où chacun peut s’épanouir. Si ça vous parle, j’aimerais beaucoup échanger avec vous et en apprendre davantage sur votre équipe : www.emotionalintelligenceconsultinginc.com
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